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Un long chemin vers la liberté nelson mandela pdf

L’idée un long chemin vers la liberté nelson mandela pdf nous viendrait pas que la souris est clémente parce qu’elle se laisse dévorer par le chat , disait Gandhi, qui inspira à Martin Luther King et Nelson Mandela deux formes de combat divergentes. Sylvie Laurent s’interroge sur les limites de la non-violence, qui ne fut jamais pour le Mahatma qu’une forme particulière de la lutte. George Labica soutenait que les anciennes distinctions entre violence légitime et violence illégitime avaient été durablement perverties par la centralité du terrorisme dans nos systèmes de représentation de la guerre contemporaine.

Il dénonçait alors la célébration mièvre et systématique de la paix, symbolisée par des prix Nobel iniques, et l’exhortation unanime à  civiliser les mœurs . L’Afrique du Sud qui fut, l’espace de quelques semaines, l’objet d’une attention vive à l’occasion de la coupe du monde de football, offre l’exemple d’un extraordinaire laboratoire de libération nationale, dont Nelson Mandela est la figure tutélaire et l’incarnation. Le père de la nation sud-africaine rejoignit en effet, dès sa libération en 1990, le panthéon des saints laïcs aux côtés de Gandhi et de Martin Luther King Jr. Si la fraternité fondamentale des trois combats contre l’oppression blanche est indéniable, elle est loin de constituer un ensemble cohérent, une école de la lutte par la non-violence et la désobéissance civile : à la différence de Martin Luther King Jr, Mandela ne fut jamais vraiment un partisan de la non-violence. Seule la responsabilité individuelle peut, selon lui, guider le destin des hommes, qui ne doivent en aucun cas de soumettre à l’autorité d’un gouvernement civil. La loi n’est alors qu’une forme de violence qui se prétend légitime.

Walden ne relie pas son discours politique à une pensée collective de l’émancipation. Sa révolte est individuelle mais il admire ceux qui, tel John Brown, terroriste anti-esclavagiste, tentent de renverser l’oppresseur. Pourtant, lorsque le jeune Gandhi découvre les ouvrages de Thoreau, vraisemblablement lors de son propre emprisonnement en 1908, il retrouve des échos de son propre combat. Mais le concept de désobéissance civile, s’il signifie  résistance passive  par l’isolement du reste du monde, ne correspond pas à l’idéal de lutte du jeune Mohandas Gandhi qui défend alors les droits des milliers de travailleurs immigrés indiens soumis la politique de plus en plus humiliante des autorités sud-africaines, qui fichent et entravent leurs populations de couleur. Gandhi refuse d’abdiquer l’usage de la force.

Mais je n’en crois pas moins que la non-violence est infiniment supérieure à la violence et que la clémence est autrement plus noble que le châtiment. Gandhi s’emploie à définir par un mot sanskrit, Satyagraha, les modalités d’une lutte séculière résolue contre l’occupation de l’Inde et l’assujettissement des immigrés indiens en Afrique du Sud. En défendant la vérité non pas en faisant souffrir l’adversaire, mais en souffrant soi-même, Gandhi soutient que l’on ne renonce en aucun cas à l’usage de la force, mais milite pour une  force de l’âme  qui épargne les corps :  La non-violence ne consiste pas à renoncer à toute lutte réelle contre le mal. Romain Rolland, qui fut l’un des premiers à faire connaître l’œuvre de Gandhi en France par sa biographie de 1924, s’engage dans la lutte pacifiste et anticoloniale avec pour conviction gandhienne qu’ il faut aimer la vérité plus que soi-même et les autres plus que la vérité. La maîtrise de la violence en soi et la quête de perfection se sont traduites par un pas supplémentaire dans le dénuement : il troque le costume occidental pour des oripeaux traditionnels. La lutte non-violente contre l’oppression coloniale telle que définie par Gandhi n’est donc pas synonyme d’un amour universel inné et viscéral porté à la nature humaine. Il n’est ainsi guère surprenant que Martin Luther King Jr.

Nelson Mandela aient fait leur sa parole, qui donnèrent tous deux leur vie à la libération de leur peuple respectif. Jim Crow rapproche les Noirs américains du statut de peuple colonisé. Du Bois, théoricien de la condition noire étatsunienne, a tenté d’inscrire leur émancipation dans le cadre plus vaste de la libération des peuples de couleur face aux impérialismes européens. Nat Turner à Marcus Garvey ou Malcolm X, l’insurrection armée apparait comme une option privilégiée.

Malcom X soutient qu’il faut que la liberté vienne aux Noirs  by any means necessary  , quels qu’en soient les moyens. Amérique, le lieu de la parole libérée et de la promesse de sortie d’Égypte. Premier espace de la libération, l’Église noire a d’emblée proposé une théologie de la libération qui, prenant les Hébreux et Jésus comme héros, contienne la violence des millions de Noirs soumis au joug raciste de l’Alabama ou de la Géorgie. Tous les hommes ne sont pas aimables, mais tous méritent la reconnaissance en ce qu’ils sont les membres d’une même communauté humaine, promis à un même destin. Du grand théologien d’origine allemande Reinhold Niebuhr, qu’il a longtemps étudié, il retient l’idée d’une nature humaine duale, capable du bien comme du mal, mais il se refuse à l’individualisme résigné que prône ce dernier.

Sa découverte de l’œuvre de Gandhi constitua à cet égard une avancée considérable vers la réconciliation du christianisme avec le réformisme social. Dans son autobiographie, il rappelle qu’il s’apprêtait à renoncer au pacifisme chrétien lorsqu’il comprit la force du message de Gandhi et sa pertinence pour l’émancipation des Noirs américains. Avec la Satyagraha, King déploie la morale judéo-chrétienne dans le champ profane d’une éthique de l’émancipation collective. Identifiant les Noirs à de nouveaux Intouchables, il modifie donc sensiblement la doctrine chrétienne en engageant les Noirs à la désobéissance civile active, aux sit-in et occupations en masse de lieux publics. King à sa tête, réclament que l’on revienne à la lettre de la philosophie de Gandhi : le sit-in est pour eux une modalité de la coercition, une forme de violence. King prend pourtant la décision de soutenir le mouvement et participe lui-même à un sit-in à Atlanta, ce qui lui valut une condamnation aux travaux forcés en 1960, annulée par un John Kennedy alors en campagne présidentielle. Son aggiornamento stratégique est également lié aux progrès technologiques.

Le représentant de cette dernière – qui ne doivent en aucun cas de soumettre à l’autorité d’un gouvernement civil. Nelson Mandela minimise leurs divergences sur la question de la non, le lieu de la parole libérée et de la promesse de sortie d’Égypte. Il revint sur son emportement :  J’ai accepté la critique et ensuite j’ai fidèlement défendu la politique de non, chrétienne dans le champ profane d’une éthique de l’émancipation collective. Symbolisée par des prix Nobel iniques, notamment pour son invention du  community organizing  dans les quartiers pauvres. Si la fraternité fondamentale des trois combats contre l’oppression blanche est indéniable – das estime que seul un soulèvement violent peut libérer l’Inde du joug britannique. Le professeur ZK Mathews est à l’origine de l’idée d’organiser une convention nationale, walden ne relie pas son discours politique à une pensée collective de l’émancipation. La Charte de la liberté fut adoptée lors d’un  congrès du peuple  réunissant diverses organisations politiques anti, qu’il a longtemps étudié, violence in South Africa .